
Quand je suis arrivée en Erasmus, on m’avait beaucoup parlé de la “grande famille Erasmus”, des dizaines de personnes qu’on rencontre en soirée, des potes qu’on se fait en quelques jours. Et c’est vrai qu’au début, on croise énormément de monde : soirées d’accueil, groupes WhatsApp, afterworks, événements en tout genre… C’est hyper vivant, très social, et c’est grisant.
Mais très vite, je me suis rendu compte que pour beaucoup, ces rencontres restaient superficielles et tournaient autour d’un seul objectif : faire la fête. Il y a une vraie culture de la sortie quotidienne chez certains Erasmus; tous les soirs dans un bar différent, tous les week-ends en after. Et si c’est génial pour ceux qui aiment ça, ce n’était tout simplement pas mon rythme.
Heureusement, au milieu de cette effervescence, j’ai eu la chance de tisser des liens sincères, loin des spots bruyants et de la foule éphémère. Des relations qui se sont construites naturellement, au fil des jours, sans forcer.
D’abord, il y a ThĂ©o, mon colocataire, qui vient de la mĂŞme fac que moi en France. On ne se connaissait pas avant, mais dès les premiers jours, le courant est passĂ©. On partage une super ambiance au quotidien, pleine de rires, de complicitĂ© et d’Ă©quilibre. On s’est rapidement créé une routine saine, entre cuisine, fous rires absurdes et rĂ©visions des cours, petits dĂ©briefs du jour dans la cuisine ou simple chill le soir. Vivre avec quelqu’un avec qui on s’entend aussi bien, ça change tout : ça crĂ©e une forme de stabilitĂ© dans un environnement tout nouveau.
Et puis, il y a eu deux très belles rencontres inattendues qui sont devenues de véritables amitiés.
Il y a Lara, une Néerlandaise d’origine brésilienne que j’ai rencontrée dans un séminaire sur l’histoire des États-Unis. Elle a grandi au Brésil et apporte avec elle une énergie hyper positive, à la fois calme et rayonnante. On a vite accroché : au départ une simple discussion de fin de cours, puis un café, puis des heures de conversations sur tout et n’importe quoi.
Quelques semaines plus tard, j’ai rencontré Christina, une Espagnole qui vit ici depuis quatre ans. Ce jour-là , j’étais seule dans un café qui s’appelle Mas Mas, un petit endroit tranquille que j’aime bien. Elle s’est installée à côté de moi, on a commencé à discuter naturellement, et on a tout de suite accroché. Ce qui est drôle, c’est qu’elle connaissait déjà Lara, mais elles s’étaient perdues de vue. Le hasard a bien fait les choses : on est maintenant toutes les trois inséparables. On se voit quasiment tous les jours hors des cours, sans se forcer. Que ce soit pour un café, une balade, cuisiner ensemble ou simplement ne rien faire du tout, on partage un vrai quotidien.
Je n’ai peut-être pas des centaines de contacts à ajouter sur Instagram, ni une liste interminable de prénoms à retenir, mais j’ai trouvé quelque chose de plus rare : de vraies amies, que je sais que je reverrai après cette aventure. Et au final, c’est ça que je retiens le plus de cette expérience. Parce que ce sont ces relations-là , profondes, sincères, qui rendent un Erasmus vraiment inoubliable.


